Les Monnehaye à Loueuse - chronique familiale

Argent

 Le thème proposé par Généatech pour le mois de juin - l'argent - a pour moi immédiatement évoqué un nom de famille, qui résonne comme une chanson de Pink Floyd : Monnehaye.

Dans mon arbre se trouve Marie Madeleine Monnehaye, épouse d'Antoine Henry, qui a vécu dans l'Oise à Blargies au XVIIIe siècle.

Pour trouver leur mariage qui n'est pas répertorié dans les bases en ligne, j'ai appliqué une méthode qui fonctionne quelques fois. J'ai fait une recherche dans Geneanet sur le patronyme "Monnehaye" au XVIIIe siècle dans un périmètre de 30 km autour de Blargies. La commune de Loueuse est apparue dans les premiers résultats. En ouvrant le registre paroissial à l'année précédent le premier enfant du couple, j'ai immédiatement trouvé l'acte de mariage. J'ai ensuite pu parcourir les registres de Loueuse, où j'ai retrouvé pendant un siècle la trace de la famille Monnehaye, avec 71 individus ajoutés dans mon arbre.


Etymologie du nom de famille Monnehaye

Si la prononciation fait penser à une monnaie sonnante et trébuchante, le patronyme "Monnehaye" n'a probablement pas de lien avec l'argent.

Ses variations orthographiques sont : Monhay / Monehay / Monnehaye / Monnehay.

D'après les statistiques géographiques de Geneanet et Geopatronyme, on le retrouve principalement dans l'Oise (Crèvecœur-le-Grand, Le Hamel, Songeons, Beauvais et bien sûr Loueuse) et dans une moindre mesure à Paris.

Je ne l'ai pas retrouvé dans les dictionnaires de noms de famille en ligne ou sur le forum de Geneanet consacré à l'onomastique, où j'ai posté une demande d'aide. Le Dictionnaire des noms de famille de France et d'ailleurs de Jean Tosti m'a permis de trouver quelques pistes possibles (pour rechercher facilement dans le dictionnaire, tapez "site:http://jeantosti.com/ nomdefamille" dans votre moteur de recherche) :

  • La première partie du nom, "monne", peut évoquer un lieu (un mont) ou un prénom (diminutif affectueux - hypocoristique - formé à partir du nom de baptême Simon, comme le nom de famille "Monnet").
  • La seconde partie du nom, "haye", désigne celui dont la propriété est entourée d'une haie, ou qui habite un lieu-dit La Haye.  


Quatre générations de Monnehaye à Loueuse

J'ai pu remonter jusqu'à l'arrière-grand-père de Marie Madeleine Monnehaye, prénommé Augustin.

G1 - Augustin Monnehaye

L'histoire commence par un double mariage le 21 juillet 1655. Augustin Monnehaye épouse Marguerite Grout et son frère Jean épouse Marie Grout, sans doute une parente de Marguerite.

Mariage Monnehaye
Le double mariage dans le registre paroissial de Loueuse. Archives départementales de l'Oise, 3Z371/1.

Augustin a sept enfants, et Jean huit. 

Signatures Monnehaye
La signature des deux frères sur l'acte de mariage de Marie Monnehaye, fille d'Augustin, en 1693. 
Archives départementales de l'Oise, 3Z371/1.

Concernant le métier des deux frères, j'ai trouvé une seule mention : Augustin est marchand en 1684.

Maurice, l'un des fils de Jean, a la charge de marguillier de l'église prieuré de Loueuse. Le marguillier était en quelque sorte le trésorier de l'église, "celui qui a le maniement des deniers destinés pour la fabrique & œuvre d'une Eglise" selon le Dictionnaire de l'Académie Française de 1695.

Eglise de Loueuse
L'église Saint-Pierre de Loueuse

Autre piste intéressante pour l'histoire de la famille : en 1682, Jeanne Monnehaye donne naissance à Charles, fils illégitime conçu avec François de Lother du village de Roy-Boissy. Il faudra que je recherche aux archives la déclaration de grossesse pour vérifier s'il s'agit de la fille de Jean Monnehaye, née en 1660.

Les deux frères décèdent à un âge avancé : soixante-dix-neuf ans pour Augustin en 1704, et quatre-vingt-deux ans pour Jean en 1710.

G2 - Simon Monnehaye

Simon Monnehaye, le troisième enfant d'Augustin, épouse Françoise Deblainville en 1691. Il a vingt-neuf ans et sa femme dix-neuf. Sept enfants naissent du couple.

Simon est manouvrier. Sa femme, comme plusieurs familles du village, prend des enfants parisiens en nourrice qu'elle allaite en même temps que ses enfants. On en trouve la trace dans les archives car deux d'entre eux sont inhumés dans le cimetière du village : la fille d'un tanneur nommée Catherine Le Clé, puis le fils du bourgeois de Paris Monsieur Le Roy.

Simon décède en 1723, à l'âge de soixante-et-un an et sa femme meurt quinze ans plus tard.

G3 - Charles Monnehaye

A la génération suivante, Charles Monnehaye épouse Magdeleine Chrétien en 1727. Il a vingt-cinq ans, et elle vingt ans. 

Charles est manouvrier et travaille dans l'artisanat textile très développé dans les environs : il est mentionné comme fouleur de bas, c'est-à-dire un ouvrier qui préparait les tissus servant à confectionner des bas.

Une suite d'événements tragiques intervient en 1747. Cinq de leurs enfants, les plus jeunes, Pierre, Marie Anne, Ciprien, Dominique et Jean-Baptiste, meurent subitement en l'espace de quinze jours, en février et mars. On peut imaginer qu'une épidémie hivernale a contaminé toute la fratrie. Rappelons qu'au milieu du XVIIIe siècle, la moitié des enfants décédaient avant l'âge de dix ans. En tout, le couple a eu dix enfants dont seulement deux semblent avoir survécu à l'âge adulte.

Charles meurt en 1768 à l'âge de soixante-six ans. Sa femme le rejoint dans la tombe dix ans plus tard, à l'âge de soixante-et-onze ans.

G4 - Marie Madeleine Monnehaye

Leur fille Marie Madeleine épouse Antoine Henry le 10 janvier 1758 à Loueuse, et quitte le village pour suivre son mari, peigneur de laine à Blargies. Ils ont six enfants dont plusieurs deviennent bergers. Elle décède en 1807 à l'âge de soixante-six ans.


Eglise de Loueuse
L'église de Loueuse, carte postale du début du XIXe siècle.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Gâteau des poilus {recette de la Guerre 14-18}

Sur le pavé de l'église : histoire d'un enfant trouvé au XVIIIe siècle

Simplice Horus : un abandon à Rouen au XIXe siècle